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Rapport national
Pas que le gaz
 
Si la conférence ministérielle de l'OMC, qui aura lieu en novembre, se déroule dans de bonnes conditions, le Qatar aura tiré tous les bénéfices de ses initiatives de marketing et de relations publiques. Selon Benedict Paramanand, la façon dont le pays saura transformer ces profits fortuits en véritables opportunités commerciales reste encore à voir.

Alors que la plupart des pays, qui avaient encore en mémoire les scènes de Seattle, demeuraient sceptiques à l'idée d'accueillir la conférence ministérielle de l'OMC en 2001, peu auraient pensé que le tout petit état du Qatar présenterait sa candidature. Le Qatar a, de fait facilité le travail de l'OMC qui cherchait un lieu lui permettant de finaliser les négociations en suspends sans être trop entravée dans ses travaux.
 
La rapidité du Qatar à saisir l'opportunité reflète la volonté de la famille régnante, qui aspire à un statut international, de transformer l'image de cet émirat afin qu'il ne soit plus seulement reconnu comme producteur de gaz et de pétrole mais aussi comme un état moderne et libéral. Sa gestion de cet important événement peut soit anéantir les efforts réalisés en vue de promouvoir l'émirat et d'en améliorer l'image, soit l'élever au rang de cité internationale. "Un dénouement discipliné de l'événement où toute protestation publique aurait été contenue et contrôlée pourrait avoir un effet négatif. Mais si la contestation est bien gérée, le Qatar pourrait gagner la réputation d'un espace idéal pour l'organisation de conférences et d'événements internationaux. Ceci se répercuterait alors sur le secteur émergent du tourisme," déclare un cadre dirigeant d'une banque de Doha.
"Si nous réussissons à fournir un service de très haute qualité au niveau de l'organisation, cela nous aidera à organiser de futures conférences. Accueillir les conférences de l'OMC fait partie de la stratégie du gouvernement de promouvoir le pays comme le site idéal pour les grandes conférences internationales. Nous souhaitons également mettre en place un forum de dialogue. Nous voulons montrer au monde ce qu'est réellement le Qatar en termes d'organisation et de logistique." Explique Fadi Makki, conseiller pour le comité d'organisation de l'OMC à Doha.
D'une certaine façon, la réputation du pays est assez équivoque. Considéré comme non-conformiste, il mène d'un côté une politique étrangère indépendante et différente de celle des autres États arabes mais cautionne de l'autre la chaîne de télévision controversée Al Jazeera, connue pour son soutien aux régimes conservateurs de la région.
Quel que soit le motif, la conférence ministérielle de l'OMC à Doha, prévue du 9 au 13 novembre, et à laquelle devraient participer plus de 4500 représentants, favorisera l'émergence des secteurs émergents du tourisme d'affaires et de loisirs. Prévoyant une forte croissance du segment haut de gamme au cours des prochaines années, de grands noms du secteur hôtelier ont fortement investi dans la région. "L'offre doublera au cours des trois prochaines années pour atteindre plus de 4500 chambres," affirme Ian Lillie, responsable des ventes de l'hôtel Ramada de Doha.
Une confiance croissante

L'organisation de la conférence de l'OMC et des Jeux Asiatiques de 2006, témoignent d'une confiance croissante au sein de la famille Al Thani qui règne sur l'Émirat depuis près de cinquante ans. Celle-ci semble avoir surmonté la crise de 1998-99 qui avait presque conduit à la banqueroute suite à la chute des cours du pétrole descendus en dessous de 10 dollars le baril, et a engagé une campagne internationale agressive pour trouver de nouveaux marchés pour ses richesses que sont le pétrole, le gaz et les produits pétrochimiques.
Le Qatar possède les 3èmes plus importantes réserves de gaz naturel au monde après la Russie et l'Iran. Il continue à développer sa production, actuellement de 13 millions par an, pour atteindre 30 millions de tonnes et ce grâce aux ressources du gisement de North Field, qui contient à lui seul 6 % des réserves mondiales.
Avec RasGas et Qatar Gas, le Qatar est devenu un exportateur de gaz d'envergure mondiale. Les exportations ont augmenté, passant ainsi de 6,5 millions de tonnes par an en 1999 à 11 millions de tonnes en 2000 et pourraient atteindre les 25 millions de tonnes d'ici 2008. Deux récentes expériences de conversion du gaz en liquide (GTL)ont fait du Qatar un pionnier dans ce domaine. A l'occasion de la signature d'un projet soi-disant respectueux de l'environnement avec le groupe sud-africain Sasol Synfuels International le 10 juillet, l'énergique ministre qatarie de l'énergie et de l'industrie, Abdullah bin Hamad Al Attiyah a déclaré que "l'accord de joint venture signé aujourd'hui constitue le premier pas d'une entreprise qui fera du Qatar la capitale mondiale du GTL."
L'énorme projet Dolphin qui fournira, via un pipeline, du gaz du Qatar aux Émirats Arabes Unis, à l'Oman et au sous-continent indien d'ici la fin de la décade est un autre projet à échelle mondiale qui a donné au Qatar la stature d'un grand fournisseur d'énergie. Les plus importants consommateurs japonais, sud-coréens et indiens estiment que le Qatar a réussi à promouvoir ses produits avec succès malgré la forte concurrence de ses rivaux du sud-est asiatique et du Moyen-Orient.

Trop d'argent pousse à l'innovation

En 2000, le PIB par habitant était de 25 000 dollars et les analystes s'attendent à ce que le pays devienne d'ici quelques années le pays le plus riche du monde en termes de PIB par habitant. Ceci s'explique par le fait qu'une faible population dispose de ressources massives d'hydrocarbures. En 1999, le Qatar comptait 725 000 habitants et un taux de croissance annuel de 3,62 %.
Grâce à une série de nouveaux projets visant à commercialiser les réserves de gaz et leur effet multiplicateur sur l'économie, l'argent afflue dans un système bancaire possédant déjà d'énormes liquidités. Les banques du Qatar font donc face à un défi unique. Selon Salah Mohammad Jaidah, directeur général de la Doha Bank, l'accent est désormais mis sur la gestion des patrimoines plutôt que la gestion des passifs (dépôts de garantie). Les banques commencent à développer des produits de détail ciblant les investissements plutôt que les dépôts de garantie.
"Le jeu est désormais différent. Les produits doivent être différents de ce qu'il était auparavant," déclare Jaidah. Avec des trésoreries désormais en excédent, les banques du Qatar commencent à pénétrer les marchés régionaux grâce à des actions de marketing agressives et des formules attrayantes en vue de capter les opportunités de crédits aux gouvernements et aux entreprises à forte valeur nette. "Ce sera très difficile car la plupart des banques GCC sont dans une situation identique : liquidité excessive, peu d'opportunités de prêts." Jaidah a intégré la banque en juillet dernier et procède à la réforme de la stratégie bancaire en portant davantage d'intérêt aux technologies modernes et aux produits novateurs. "Nous ne servions que des clients pesant au moins 1 million de dollars dans des buts d'investissements. Nous créons actuellement des formules destinées à une clientèle qui ne vaut pas plus de 10 000 dollars," déclarait-il.
Les deux banques islamiques, qui disposent ensemble d'une part de marché de près de 15 % des dépôts de garantie, et la Banque Nationale du Qatar doivent relever des défis semblables.
Malgré son image de pays libéral, les analystes pensent que le Qatar souffre toujours d'un manque de crédibilité au niveau international. "Des réformes politiques du type de celles entreprises par Bahrayn pourraient donner au Qatar l'image internationale qui lui manque," affirme un expert de la GCC.

Va-t-on enlever la cerise du gâteau de Dubaï ?

La ville de Doha va-t-elle se placer pour essayer de remporter la crème du marché touristique de la région et Dubaï en aura-t-il pour son argent ? Le pari n'est peut-être pas fou si Doha persiste à se positionner affirment les analystes industriels. Doha est en train de créer une niche en misant sur la touche arabe combinée au confort occidental.
Le Qatar, comme les autres pays, a récemment créé une entité appelée Agence du Tourisme du Qatar afin de promouvoir l'industrie de façon organisée. L'émirat, qui ne reçoit actuellement que quelques rares touristes, compte en attirer près de 200 000 d'ici 2005. Comme Oman, le Qatar se vend comme une niche de marché et rejette tout tourisme de masse en raison de son impact négatif sur la population locale.
Curieusement, le Qatar opère au-delà du plan régional et fait déjà partie du circuit de Doha - Katmandu - les Maldives. La compagnie Qatar Airways affine actuellement sa stratégie afin d'offrir à ses visiteurs en manque de soleil une expérience exotique du désert, des montagnes glacées et des îles de corail, tout cela avec des forfaits de deux ou trois semaines. Selon Gordon Mackenzie, directeur général depuis de nombreuses années du Ramada à Doha, "Qatar Airways contribuera au développement de l'industrie hôtelière. Nous dépendons mutuellement l'un de l'autre pour dynamiser le secteur". MacKenzie estime également que les destinations conjointes constituent la meilleure stratégie pour promouvoir le Qatar.
L'image de Qatar Airways est essentielle à l'amélioration de la promotion du Qatar comme destination touristique. La compagnie aérienne se développe de façon considérable et a déjà commandé 11 Airbus A320 et 5 A330-220 supplémentaires avec des options supplémentaires d'ici 2005.
D'autre part, le Qatar souhaiterait faire des pays du GCC une destination unique. Cheikh Hamad Al Thani, héritier du trône a affirmé lors d'un récent séminaire sur le tourisme organisé à Doha que "tout en attirant des touristes européens, de l'Extrême Orient et d'autres régions du monde, le Qatar souhaitait également faire venir des touristes en provenance du Moyen Orient. L'État recherche les différentes possibilités de développer la région du Golfe en destination multipoints. "
Pour respecter ce plan, de nouvelles chaînes d'hôtels cinq étoiles viendront modifier le paysage de Doha au cours des deux prochaines années. L'hôtel Inter.Continental récemment ouvert à Doha sera rejoint en septembre par le Ritz Carlton et ses 374 chambres. Les hôtels Four Seasons, Rotana, Hilton, Oberoi, Holiday Inn et Movenpick sont réputés pour être des établissements sécurisés.
Les hôteliers partagent le sentiment arabe que les atouts présentés par Doha vont permettre une forte croissance de l'industrie du tourisme. Un climat agréable la plus grande partie de l'année, la sécurité et l'expérience incomparable qu'offre la découverte du désert sont autant de facteurs attractifs pour les touristes. "J'ai le sentiment que Dubaï est en train de perdre sa touche arabe," observe Darrell Sheaffer, directeur général du Ritz Carlton. "Les prix à Dubaï sont même élevés pendant la pleine saison," ajoute-t-il.
Sheaffer estime que de plus petites villes comme Doha, Bahrayn ou Muscat ne devraient pas rivaliser avec Dubaï. "Mais elles constituent une bonne alternative. Doha est une ville unique en son genre : plus petite, facile à visiter et bénéficiant d'un bon rapport qualité-prix" indique-t-il. "De nombreux touristes allemands reviennent au Qatar. Cet endroit doit avoir quelque chose de particulier," déclare Suzanne Grant, directrice associée de la Société The Art of Business, cabinet conseil en marketing et gestion implanté à Doha.
Les nouveaux hôtels sont le fer de lance des efforts de marketing du Qatar. "Le marketing ciblé des potentiels d'un pays est efficace. Ce que nous faisons en fait actuellement, c'est éduquer le marché au sujet du Qatar," ajoute Sheaffer. "Malheureusement, le tourisme demeure une nouveauté pour la plupart des pays du Golfe, malgré leurs potentiels comme destination pour des vacances d'hiver exotiques. Les médias occidentaux associent le conflit entre Israël et ses voisins à toute la région, ce qui constitue pour nous un obstacle majeur."
Mais les pays du GCC accomplissent tout seuls des efforts par l'intermédiaire de leurs agents de voyages et de leurs compagnies aériennes, pour éviter que les touristes ne fassent l'amalgame avec le conflit du Moyen-Orient. A Doha, les jeux Asiatiques de 2006 seront le prochain grand événement après la conférence de l'OMC. Bien qu'il va coûter près d'un milliard de dollars d'investissements au pays, cet évènement devrait donner à Dubaï une nouvelle légitimité, celle d'un centre sportif international.
Néanmoins, malgré les investissements dans les infrastructures et les efforts de marketing, les hôteliers et les tours opérateurs sont d'avis que le gouvernement a encore beaucoup à faire pour améliorer le confort des touristes. "Les démarches pour l'obtention de visas devraient être facilitées et les standards pour tout ce qui touche aux services améliorés. Doha a beaucoup à apprendre de Dubaï si elle veut que les touristes se sentent " bichonnés"," déclare le directeur d'un hôtel de Doha. Sinon, le touriste, par principe exigeant et tatillon, rayera vite Doha de ses éventuelles destinations.

QATAR : DONNES MACROÉCONOMIQUES ET PRÉVISIONS

  1997 1998 e 1999 e 2000 p 2001 p 2002 p
PIB nominal (milliards de dollars) 9.3 9.2 9.8 13.0 15.6 18.1
Croissance du PIB nominal>(% an/an) 3.0 -1.0 6.5 14.0 20.0 16.0
Population (millions) 0.5 20.5 30.5 40.5 50.5 60.57
Équilibre budgétaire (% du PIB)* -8.4 -6.5 -7.0 12.0 3.5 3.0
Indice des prix (moyenne, % an/an) 2.8 2.0 2.5 1.0 2.5 2.5
Taux de change (QAR/dollar, fin de période) 3.64 3.64 3.64 3.64 3.64 3.64
Production de pétrole (000s,b/d)** 620 670 630 665 655 650
Prix du pétrole>(panier OPEC, dollars/baril, moyenne) 18.77 12.28 17.47 27.60 22.00 18.00
Revenus de l’export du pétrole (milliards de dollars) 2.48 2.16 2.60 6.70 6.40 5.6
Exportations (fob, milliards de dollars) 4.47 4.36 5.00 8.10 7.95 6.50
Importations (cif, milliards de dollars) 2.99 3.33 3.50 3.50 4.00 4.20
Balance commerciale (milliards de dollars) 1.48 1.03 1.50 4.60 3.95 2.30
Solde actuel des comptes (milliards de dollars) -1.06 -1.67 0.90 3.50 2.00 1.86
PNB -5.60 -0.50 20.20 34.21 16.20 12.00
Réserves étrangères (ex or, milliards de dollars) 0.70 0.55 0.64 0.80 0.85 0.9
Dette externe de l’État (milliards de dollars) 2.87 3.40 3.90 4.00 4.00 4.10
- % du PIB 30.76 36.81 39.83 30.77 26.67 26.54

e/p = estimations/prévisions de la BMI (gras), * année fiscale (jusqu’à fin mars) ** condensés inclus. Sources : FMI/ Banque Mondiale/Banque Centrale du Qatar/BMI.
Acquérir une liberté financière
La chaîne Al Jazeera nouveau-style sera sur les canaux en novembre. Selon Benedict Paramanand, après cinq ans d'existence, le principal objectif de la chaîne est d'acquérir son indépendance financière.

La chaîne Al Jazeera, à l'origine d'une révolution des genres dans le monde des médias arabes, s'est dotée d'un nouveau style. Le sixième anniversaire constitue en effet le moment idéal pour faire un bilan et envisager un nouveau futur pour la chaîne.
Le directeur marketing de la chaîne financée par le gouvernement du Qatar, Ali Mohammed Kamal est optimiste. Le logo restera identique, mais un élément de fraîcheur sera apporté avec un nouveau jingle, de nouveaux programmes et de nouvelles campagnes. Mais le plus important est que la chaîne a l'intention d'innover en créant un site Internet et en préparant un plan d'exploitation pouvant être rentabilisé au bout de trois ans.
Selon les experts, le point crucial est que la chaîne a atteint une position prééminente parmi les chaînes de télévision, pas uniquement en raison de son caractère extrémiste mais parce qu'elle encourage les chaînes régionales à aborder des sujets délicats. La chaîne a encouragé une programmation régionale ouverte et audacieuse. Par exemple, les programmes sur la censure diffusés deux fois par semaine par la chaîne Abu Dhabi sont réputés pour la qualité de leurs débats en public et en direct et le sérieux de leurs investigations. Les émissions moyen-orientales " Press World " de la chaîne " Centre ", " Without Censorship " de la chaîne " Orbit " ainsi que le programme satirique de la chaîne " ANNE " sont contemporaines d'Al Jazeera, certaines sont même ses précurseurs.

Mais où est l'argent ?

Alors que la chaîne a sans aucun doute révolutionné les reportage politique, la suspicion règne quant à ses opérations financières et son financement. Le fondateur de la chaîne, l'énigmatique ministre des Affaires Étrangères du Qatar, Cheikh Hamad Bin Jassim Bin Jabr Al-Thani, continue de financer la chaîne même après que son premier investissement de 130 millions de dollars ait considérablement fondu. En dépit de l'immense popularité de la chaîne et de ses 35 millions de téléspectateurs, l'audience ne s'est pas traduite en gros sous publicitaires.
Mais il semble qu'Al Jazeera se préoccupe sérieusement de la question de la rentabilité en lançant un certain nombre d'initiatives telles qu'une approche ciblée des publicitaires multinationaux, moins inquiets à l'idée d'être mal vus par ceux qui sont au pouvoir. "Nous nous intéressons désormais aux multinationales afin d'augmenter nos revenus publicitaires. Nous avons connu notre premier succès avec P&G," déclare Kamal. "Mais Al Jazeera a maintenant dépassé la phase d'acceptation. Grâce à quelques ventes innovatrices et des stratégies de marketing, la chaîne pourrait se sortir de la guigne financière" affirme un spécialiste des médias. En 2001, la chaîne n'aura couvert que 35 % de ses coûts. Mais Kamal indique que la chaîne a dépassé les bénéfices prévus pour le premier semestre 2001 de 72 % et qu'elle en bonne voie pour atteindre ses objectifs.
Al Jazeera est en pleine expansion. À la fin de ce mois, lorsqu'elle sera accessible à l'Afrique Centrale, la chaîne couvrira 90 % du globe. Celle-ci prévoit de diffuser des documentaires, des émissions sur la nature, de vendre prochainement des métrages et des émissions d'information économique aux médias étrangères. Elle est également en pourparlers avec des grands noms du secteur concernant d'éventuels accords.
Mais son projet le plus ambitieux est sans doute son portail Internet qui comptabilise chaque mois plus de 65 millions de connexions "Nous sommes en train de développer le premier et le plus gros portail internet de la région avec les bons composants. Nous nous intéresserons également à l'e-commerce et au WAP au cours du premier trimestre de l'année prochaine," déclare Kamal.
Al Jazeera est également consciente des opportunités que lui procure l'anglais pour ses abonnés aux États-Unis (100 000), en Europe et en Australie. Au début, les programmes arabes seront sous-titrés en anglais. Mais la chaîne prévoit de diffuser chaque matin un bulletin d'information en anglais.
Malgré son immense popularité, la chaîne doit affronter d'autres défis. "Les marques internationales ne disposent que d'un faible budget de marketing et de publicité pour la région, ce qui constitue un obstacle à notre croissance, "explique Kamal. "Mais nous bénéficions de la crédibilité, nous avons le marché, nous inspirons confiance et nous entretenons de bonnes relations avec nos publicitaires," a-t-il ajouté. Si ces qualités sont réelles, le futur de la chaîne Al Jazeera est garanti.